E-Inclusion

DES TIC, DE L’EXCLUSION ET DE L’INCLUSION

Parce qu’elles permettent de nouveaux modes de communication et d’organisation, les techniques d’information et de communication (TIC) sont souvent présentées comme capables d’atténuer certaines inégalités. Mais les inégalités d’accès et d’usage sont d’abord le prolongement d’inégalités économiques et sociales préexistantes. Une diffusion non homogène des ressources d’Internet dans une société basée sur l’information risque donc de les accentuer.

« L’exclusion » est un processus social qui s’enracine dans les inégalités sociales et qui conduit à la marginalisation d’individus ou de groupes par rapport à certains objectifs de la société. L’exclusion se définit par rapport à un objectif : ici, il s’agit du processus d’exclusion par rapport au développement de la société de l’information, dite aussi société de la connaissance – bien que ces deux appellations ne soient pas synonymes. L’exclusion se produit quand des individus ou des groupes sociaux sont laissés de côté ou ne bénéficient pas de chances égales face à l’objectif sociétal poursuivi.

Certaines personnes peuvent se retrouver en situation d’exclusion par rapport à l’outil informatique ou à l’outil internet pour diverses raisons : âge, handicap, situation géographique, revenus, environnement culturel, niveau d’éducation, etc.…

E-INCLUSION

On parlera d’e-exclusion pour signifier que ces personnes sont exclues du monde numérique.

Les inégalités face à internet concernent l’emploi et la formation, la consommation, les réseaux de sociabilité, l’accès aux services publics.

« L’inclusion » est également un processus social, déterminé par un objectif à atteindre. Ce n’est pas seulement le contraire de l’exclusion. Le processus d’inclusion sociale comporte trois dimensions indissociables :

  1. surmonter les obstacles dus aux inégalités, afin d’éviter l’exclusion;
  2. exploiter les opportunités offertes par l’objectif sociétal à atteindre, de façon à réduire les inégalités existantes et améliorer la qualité de la vie;
  3. favoriser l’implication dans les transformations sociales, améliorer l’expression individuelle et collective, l’engagement citoyen et la participation démocratique.

Le processus social « d’e-inclusion » doit incorporer ces trois dimensions : 1) réduire la fracture numérique; 2) exploiter les opportunités numériques; 3) favoriser l’implication et l’expression de tous dans la société de l’information. La politique d’e-inclusion vise quant à elle à réduire le fossé subsistant dans l’utilisation des TIC et à promouvoir ceux-ci pour vaincre l’exclusion et à améliorer les performances économiques, les possibilités d’emploi, la qualité de vie et la participation à la cohésion sociale.

Un certain nombre de facteurs peuvent favoriser une société de l’information plus inclusive à savoir :

  • l’amélioration de l’accessibilité numérique (e-accessibilité) et l’usage des outils et services liés aux Technologies de l’information et de la Communication;
  • la réduction de la fracture numérique géographique;
  • le développement des compétences et l’alphabétisation numérique.

Les pratiques sociales sont en interaction avec les techniques. Pour que tous les individus puissent s’intégrer dans la société de l’information, il faut commencer par résoudre les problèmes sociaux qui génèrent une exclusion du numérique. Nous ne sommes pas tous égaux face au fossé numérique : une personne formée et socialement insérée franchira plus facilement ce fossé qu’une personne exclue ayant d’autres besoins, prioritaires.

Les communautés apprenantes ne doivent pas être uniquement considérées comme un moyen d’améliorer l’apprentissage. Des groupes ou des réseaux peuvent produire de l’écrit public et étendre leurs horizons politiques, sociaux et culturels grâce à des logiciels qui permettent de créer et de maintenir du lien social (« social software »). Les communautés isolées ou minoritaires peuvent utiliser des outils numériques pour se faire connaître, les groupes dispersés (comme les migrants qui travaillent loin de chez eux) pour rester en contact et continuer à développer leur culture. Internet permet ainsi aux individus de prendre conscience de l’existence de l’exclusion sociale : c’est un moyen de la combattre.

Il faut dépasser les modèles de formation traditionnels, souvent trop académiques, et construire des cours pratiques et motivants, adaptés au contexte socioculturel et aux besoins spécifiques des personnes exclues. Le manque de confiance en soi et de motivation est une barrière importante à l’inclusion numérique que des formations procédurales n’aident pas à franchir. Développer l’apprentissage par projet permet de s’adapter à la compétitivité croissante générée par la société de l’information : le fait de savoir utiliser un traitement de texte ou le courrier électronique ne fera bientôt plus de différence sur le marché de travail.

Les barrières physiques, liées à la distance ou à la conception des bâtiments, limitent l’accès à la culture des personnes à mobilité réduite. Les productions numériques, quant à elles, sont suffisamment plastiques pour être adaptées aux besoins des différents handicaps. Il faut donc sensibiliser les développeurs, les constructeurs, les éducateurs, mais également les entreprises, les administrations ou les particuliers, à la prise en compte de ces handicaps.

CYBER-DÉMOCRATION

Devant cette montée de la complexité institutionnelle qui éloigne le pouvoir de la population face au mandat qu’elle délègue au gouvernement et à ses institutions, il devient donc difficile d’intégrer les citoyens dans la formulation des politiques ou le choix des décisions du gouvernement : « impliquer les citoyens dans le processus de décision est un investissement profitable et un élément au cœur de la bonne gouvernance » (OCDE, 2001 : p. 11).

Le dictionnaire Webster définit la démocratie comme : « une forme de gouvernance où le pouvoir suprême appartient au peuple qui l’exerce directement ou indirectement par l’entremise d’un système de représentation » (Caldoche, 2004, p. 1). La démocratie « pure » relève toutefois de l’utopie.Elle est captive d’un relativisme culturel et social qui nous oblige à la façonner de nouveau et continuellement.

Selon M. Paul Prévost (CEFRIO, 2003), « la cyberdémocratie apparaît comme une forme d’application de la démocratie, un moyen d’exercice de la participation citoyenne passant par l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et des communications ».

Selon le dictionnaire Merriam-Webster, la démocratie est une forme de gouvernance où le pouvoir suprême appartient au peuple qui l’exerce directement ou indirectement par l’entremise d’un système de représentation.

Depuis les origines de la démocratie, l’effort de la communauté de traduire sa présence dans ses institutions politiques oscille entre trois courants de pensée : la démocratie représentative, la démocratie directe et plus récemment la démocratie participative. Il existe trois formes de démocratie : la démocratie directe, la démocratie représentative et la démocratie participative.

  • la démocratie directe : Ce sont les citoyens, sans intermédiaires, qui détiennent la souveraineté. Elle ne peut être déléguée à des représentants. Le peuple est l’autorité souveraine et c’est lui qui, directement, détient les pouvoirs législatifs et exécutifs;
  • la démocratie représentative : La population, les citoyens votent pour élire les gouvernants afin qu’ils servent les intérêts des premiers. Selon l’encyclopédie Agora, elle repose sur des élections libres, régulières, honnêtes et pluralistes, qui rendent le gouvernement responsable devant le peuple;
  • la démocratie participative : Les citoyens sont représentés, mais une plus grande collaboration existe entre eux et leurs représentants. Elle favorise le débat, l’interaction, la formation, l’information et la participation dans différentes étapes décisionnelles.

La démocratie électronique procure ainsi un outil privilégié afin d’exercer cette troisième forme de démocratie.

Pour réaliser ce travail, ils se sont donné un cadre de référence articulé autour de trois dimensions soient la « e-information, la e-consultation et la e-prise de décision », la première étant la moins avancée, la plus statique.


Site Internet

« Réseau de recherche E-Inclusion : Procurer à tous les Canadiens une expérience multimédia plus enrichissante », http://e-inclusion.crim.ca/.

« Qu’est-ce que la démocratie en ligne ? », http://www.msg.gouv.qc.ca/Cyberdemocratie/cyberdemocratie.html, visiter le 10 mars 2009.

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