La famille, le lieu de tous les dangers

Lorsque nous entendons les mots « violence conjugale », la plupart d’entre nous ont spontanément en tête la représentation d’un homme en train de battre sa conjointe. La perspective féministe, dans le cadre d’une lutte légitime pour dénoncer la violence faite aux femmes, a contribué à forger notre représentation sociale de la violence conjugale. Cependant, les résultats de plusieurs recherches, tant sur le continent européen qu’américain, semble confirmer certains doutes à l’égard du bien fondé de notre représentation sociale. On se souviendra de la représentation sociale montrant une femme attendant son mari avec un « rouleau à pâte ».

C’est le nouveau mouvement féministe qui, à la fin des années 1960, a soulevé le problème de la violence intrafamiliale exercée contre les femmes et les enfants. Des recherches statistiques au cours des années 1990 ont permis de lever le voile sur le tabou de la violence intrafamiliale. Les recherches et les entretiens menés dans ce cadre avec les victimes de violences révélèrent alors une réalité effrayante (Wetzels et collab.1995 : 120). Quant à la criminologie, la violence intrafamiliale en était la tache aveugle jusqu’à un passé récent (Wetzels et collab.1995 : 120).

Avant de traiter plus en détail de ce phénomène, il faut opérer une distinction entre la violence active et la violence passive (négligence, incurie). La violence active peut prendre plusieurs formes comme la violence physique, l’abus psychologique et moral (humiliation, menace, infantilisation, privation, marginalisation, stigmatisation, coercition, manipulation mentale), l’exploitation financière et matérielle (usage abusif des biens) et la violence à connotation sexuelle. Quant à la violence passive, elle consiste à refuser à la personne des soins nécessaires, de la nourriture ou d’autres articles nécessaires. Même passive, la négligence peut avoir des effets néfastes.

« La notion de violence domestique englobe la violence physique, sexuelle, psychique, sociale et émotionnelle entre des adultes vivants ou ayant vécu une relation proche. Il s’agit en priorité de couples unis par les liens du mariage ou du concubinage ou encore par d’autres liens de parenté » (cité dans Kavemann 2002, trad.).

Une autre définition intègre la violence contre les enfants et les personnes âgées, entre frères et soeurs, ainsi que celle des enfants contre leurs parents : « par violence domestique, nous entendons toute forme de violence ou de menaces de violence physique, psychique ou sexuelle exercée par des personnes partageant ou ayant partagé une relation familiale, conjugale ou similaire » (Schwander 2003).

Ces quelques exemples illustrent la pluralité des approches de la violence domestique, qui n’est pas sans conséquence sur les statistiques, car plus large est la définition, plus vaste est l’ampleur du phénomène (Seith 2003 : 24).

La maltraitance désigne les relations entre personnes entretenant des rapports de force inégaux dans lesquelles la personne dominante recourt régulièrement à ces moyens pour imposer sa volonté et nuit ainsi à la personne dominée (violence et contrôle systématique).

La maltraitance est souvent associée à des problèmes du système familial et ceux-ci étant tous liés dans une certaine mesure à des conséquences au plan du développement. Ainsi, la perspective des sciences sociales se fonde sur des observations, incluant les antécédents et les conséquences de la maltraitance, et ce, dans leur contexte écologique et celle du développement de l’enfant. On classifie généralement la maltraitance à l’égard des enfants en quatre grandes catégories : la violence physique, la négligence, l’abus sexuel et la violence émotive. Le signataire ajoute la violence psychologique et morale, qui recoupe certaines catégories mentionnées précédemment.

La recherche a établi une typologie des conflits relationnels en contexte des systèmes familial. On fait la distinction entre violence situationnelle et violence et contrôle systématique d’un des deux partenaires (Gloor/Meier 2003: 535s).

Dans le cas des actes situationnels ou spontanés, le conflit peut déboucher sur la violence et même parfois la violence grave. Ce type de violence se caractérise par le fait, entre autres, qu’il peut être exercé aussi bien par l’homme que par la femme.

À suivre…

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