Les facteurs humains – De l’erreur, de l’incurie et de l’incompétence

La définition de l’incurie réfère à l’indifférence et au manque total de soin ou d’application dans l’exercice d’une fonction ou dans l’exécution d’une tâche; négligence, inattention, étourderie, insouciance, laisser-aller, mollesse; « Leur incurie nous conduit à la catastrophe » (insouciance, négligence).

Notons également que la compétence relève d’une connaissance approfondie, un bagage, d’une expérience « reconnue » dans un domaine, qui donne qualité à qqn de juger, de décider, d’agir. Notons également que l’on considère que la connaissance peut être construite et transmise socialement. Il faut donc comprendre qu’il existe une pluralité de types d’erreurs. Il y a également les erreurs de la démarche philosophique, scientifique, spirituelle et même religieuse.

Cependant, chez les sots, tricheurs, et manipulateurs, l’erreur sert souvent de paravent à l’incompétence, à l’incurie ou aux facteurs humains adverses.

« Il y en a qui ne trouvent leur repos que dans une incurie de toutes choses » (Bossuet, Pensées détachées, I).

Ce qui nous amène à « la valeur de la mauvaise foi ». Jacques Salomé explique : « Je viens d’une époque et d’un milieu où la parole donnée représentait une valeur quasi sacrée. Mentir pour soi était à peine accepté, mentir pour quelqu’un, juste toléré, mais mentir contre quelqu’un aurait été impardonnable, surtout pour le menteur, qui se serait senti déshonoré […] La transgression, l’art de la manipulation, le chacun-pour-soi et surtout contre l’autre sont devenus des valeurs dominantes, recherchées, appréciées. […] Dans le monde des adultes, il est parfois difficile de faire témoigner positivement dans un procès les amis ou les connaissances proches, qui ne veulent pas trop se mouiller […] Si j’ajoute la diffamation, la circulation de rumeurs…, nous voyons que la vie sociale est une jungle habitée de beaucoup de dangers » [1].

« La compétence permet d’agir et/ou de résoudre des problèmes dans un cadre professionnel de manière satisfaisante dans un contexte particulier, en mobilisant diverses capacités et habiletés de manière intégrée ».

On peut voir cinq manières d’aborder les compétences :

  • approche par les savoirs;
  • approche par les savoir-faire;
  • approche par les comportements et le savoir-être;
  • approche par les savoirs, savoir-faire et savoir-être;
  • approche par les compétences cognitives;

Il distingue plusieurs types de compétences :

  • savoirs théoriques (savoir comprendre, savoir interpréter);
  • savoirs procéduraux (savoir comment procéder);
  • savoir-faire procéduraux (savoir procéder, savoir opérer);
  • savoir-faire expérientiels (savoir y faire, savoir se conduire);
  • savoir-faire sociaux (savoir se comporter, savoir se conduire);
  • savoir-faire cognitifs (savoir traiter de l’information, savoir raisonner, savoir nommer ce que l’on fait, savoir apprendre).

Deux types de conception de la compétence s’oppose :

  • celle béhavioriste, qui est « synonyme de conduite, de comportements structurés en fonction d’un but, action, tâche spécifique, observable » et qui repose plus sur des savoirs et contenus de programme;
  • celle qui est synonyme « d’une potentialité intérieure, invisible, une capacité générative susceptible d’engendrer une infinité de conduites adéquates à une infinité de situations nouvelles ».

Les phénomènes qui nuisent aux compétences peuvent être décomposés, entre autres, en erreurs et/ou omissions :

  • D’interprétation :…;
  • d’omission :…;
  • d’exactitude :…;
  • de cohésion :…;
  • de compréhension :… ;
  • de complétude :… ;
  • de jugement :…;
  • de pseudo-diagnostique :… ;
  • d’aptitude :… ;
  • de pratique :… ;
  • de signification :… ;
  • de communication :… ;
  • d’évaluation :… ;
  • de référencement :… ;
  • par effet de bord (une erreur qui produit une erreur qui produit une erreur, ainsi de suite) :… ;
  • de synchronisation :… ;
  • de délais :… ;
  • de perception :… ;
  • de compétence :… ;

Je me garde de détailler ces erreurs. Je crois que l’on pourrait faire un mémoire sur le seul sujet de l’erreur « évitable » en contexte organisationnel. Je peux dire que je n’ai jamais été autant au contact de l’erreur humaine qu’il est possible d’éviter.

Voici une nomenclature de la compétence :

  • Novice : Pas besoin de la compétence pour son activité professionnelle;
  • Généraliste : Connaissances de base dans la compétence. Savoir exécuter, mettre en œuvre et appliquer le prescrit dans des situations habituelles. Faible autonomie pour la compétence le jugement;
  • Professionnel : Savoir transposer sa praxis et ses connaissances dans des situations et des contextes nouveaux. (Notion de transversalité des compétences). Autonomie pratique de la compétence;
  • Spécialiste : Savoir apprendre et transmettre son savoir. Savoir utiliser la compétence dans des situations imprévues et/ou urgentes. Autonome et capable de pérenniser ses compétences;
  • Expert : Savoir entreprendre et innover. Autonome et novateur.

Les quatre compétences clés de l’autoformation :

  • adaptative : tolérer l’incertitude;
  • sociale : établir un réseau de ressources;
  • praxique : réfléchir sur et dans l’action;
  • métacognitive : se connaître comme apprenant.

Dans les 4 piliers de l’éducation du XXIe siècle, le second est « Apprendre à faire » qui pose la question de la formation professionnelle : « comment adapter l’éducation au travail futur alors que son évolution n’est pas entièrement prévisible ? ». La notion de qualification professionnelle est devenue obsolète à cause de l’emprise du cognitif et de l’informatif sur les systèmes de production; elle a été remplacée par la notion de compétence personnelle qui « se présente comme un cocktail propre à chaque individu, combinant la qualification au sens strict acquise par la formation technique et professionnelle, le comportement social, l’aptitude au travail en équipe, la faculté d’initiatives, le goût du risque ». À ces exigences, on demande « un engagement personnel du travailleur comme agent de changement », ce qui nécessite de combiner savoir, savoir-faire et savoir-être (qualités subjectives, innées ou acquises, dont celle de communiquer, travailler avec les autres, gérer et résoudre les conflits), mais aussi une capacité à travailler en « collectif de travail » ou « groupe-projet » ou encore « équipe intelligente ».


[1] Jacques Salomé, Février 2009, « La valeur de la mauvaise foi »

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s