Une étude révèle que l’intimidation en ligne (online bullying) engendre la peur « hors ligne » (off-line fear) à l’école

Une étude révèle que l’intimidation en ligne (online bullying) engendre la peur « hors ligne » (off-line fear) à l’école

La cyberintimidation engendre la peur d’être victimisé à l’école, et ce,parmi les étudiants, selon une étude menée par le Sam Houston State University.

Alors que l’intimidation traditionnelle (traditional bullying) crée encore plus de peur chez les étudiants, la cyberintimidation est un facteur important quant à la peur de la victimisation à l’école chez les élèves qui ont été victimes de harcèlement (bullying) ou d’un désordre à l’école, comme la présence de gangs. La crainte de la cyberintimidation serait plus importante chez les populations minoritaires.

Cela ne peut pas être surestimée — la victimisation en ligne a des conséquences dans la vie réelle, et ces conséquences peuvent avoir un certain nombre d’effets négatifs chez les élèves, y compris notamment la peur de la victimisation.

La cybercriminalité est un comportement effectué via les médias numériques ou électroniques par des individus ou des groupes d’individus qui communiquent des messages hostiles ou agressifs de manière répétée visant à infliger des dommages ou de l’inconfort chez la cible. Des études ont montré que l’intimidation (bullying) et la cyberintimidation (cyberbullying) peuvent conduire à des conséquences chez les victimes/cibles telles que notamment : la diminution du rendement scolaire; à une diminution de la perception de la sécurité; à la dépression; à l’anxiété; à une diminution de l’estime de soi; à l’automutilation, à la détresse émotionnelle et à des idées suicidaires.

L’étude est basée sur une enquête auprès de plus de 3500 étudiants âges entre 12-18, et ce, à travers la nation (États-Unis). On à poser des questions aux élèves sur l’intimidation (bullying) et la cyberintimidation (cyberbullying), y compris si de l’information nuisible à leur sujet avait été publiée sur Internet ou si elles avaient été insultés ou simplement menacées par e-mail, par messagerie instantanée, par messagerie texte ou via programmes de jeux en ligne. On a également demandé s’ils avaient été exclus par leurs amis en ligne ou dans des listes de contacts d’étudiants.

Environ 7 % des élèves de l’enquête ont déclaré avoir été victimes de cyberintimidation (cyberbullying), tandis que 29 pour cent ont dit qu’ils ont été victimes d’intimidation traditionnelle (traditional bullying).

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La cyberintimidation n’est pas seulement un problème chez la classe moyenne et dans les régions riches. Les adolescents en pauvres, les quartiers à forte criminalité, connaissent également l’intimidation en ligne (cyberbullying), constate une étude menée par un criminologue de l’Université d’État du Michigan.

L’étude suggère la « fracture numérique » — l’écart entre les personnes ayant accès à des technologies en ligne et ceux qui n’y ont pas accès — peut s’avérer inexistante, du moins lorsqu’il s’agit de la cyberintimidation.

Les chercheurs trouvés que des conditions de quartier qui sont indicatives de la pauvreté et de la criminalité sont un facteur prédictif significatif pour l’intimidation (bullying) — non seulement quant à l’intimidation physique et verbale, mais également la cyberintimidation. C’est un résultat tout à fait unique et quelque peu surprenant, pour les chercheurs.

Environ 30 % des jeunes Américains ont connu un incident d’intimidation (bullying), soit en tant que victime ou d’agresseur, selon les Centers for Disease Control and Prevention. Les victimes sont plus à risque de problèmes de santé mentale et académique, voire même de suicide.

Même s’il est encore moins répandu que l’intimidation traditionnelle (traditional bullying), la cyberintimidation (cyberbullying) est un problème croissant. En 2011, on estime que 2,2 millions d’étudiants aux États-Unis ont été harcelés (harassed) ou menacés (threatened) en ligne, contre environ 1,5 million en 2009, selon le Cyberbullying Research Center.

Pour leur étude, les chercheurs ont analysé les résultats d’une l’enquête de près de 2.000 élèves d’écoles et de collèges. Les chercheurs ont constaté que la vie dans les quartiers pauvres, en proie à la criminalité, s’avère un important prédicteur de l’intimidation physique, verbale et en ligne – , et ce, au-delà des caractéristiques individuelles telles que notamment l’auto-contrôle.

L’engagement des enseignants et des responsables scolaires dans la discussion de la prévention de l’intimidation (bullying prevention) dans les espaces « réels » et virtuels pourrait aider à réduire ces risques, et ce, dans les communautés à faible revenu ou de conditions socioéconomiques défavorables.

Des campagnes publiques visant spécifiquement la cyberintimidation devraient également être soulignées, et ce, particulièrement dans les écoles et les bibliothèques. Ce message s’avère essentiel afin de s’assurer que l’on donne la même importance à toutes les formes d’intimidation.

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L’intimidation traditionnelle (traditional bullying) « en personne » est beaucoup plus fréquente que la cyberintimidation (cyberbullying) chez les jeunes d’aujourd’hui et dervait être l’objectif principal des programmes de prévention, selon les résultats de recherche présentés au 120e congrès annuel de l’American Psychological Association.

Les affirmations par les médias ainsi que de certains chercheurs et spécialistes quant à une dramatique et spectaculaire augmentation de la cyberintimidation qui s’avère le grand problème de l’intimidation à l’école s’avèrent largement exagérées. Il y a très peu de recherches scientifiques qui supportent le fait que la cyberintimidation a augmenté au cours des cinq ou six dernières années (2012), et cette forme d’intimidation est en fait un phénomène moins fréquent qu’on l’affirme dans les médias.

Pour démontrer que la cyberintimidation (cyberbullying) est moins fréquente que l’intimidation « traditionnelle » (traditional bullying), Dan Olweus, PhD, de l’University of Bergen, Norvege, a cité plusieurs études à grande échelle qu’il a menées, dont une impliquant environ 450 000 étudiants américains de la troisième année à la 12e années. Dans ce dernier, des enquêtes régulières ont été menées dans le cadre de l’introduction de programme de prévention de l’intimidation au sein de 1349 écoles, et ce, de 2007-2010 et autre étude a suivi 9.000 élèves de la quatrième à la 10e année dans 41 écoles à Oslo, en Norvège, et ce, de 2006 à 2010.

Dans l’échantillonage provenant des États-Unis, en moyenne, 18 %des étudiants ont déclaré avoir été victimes d’intimidation verbale (verbal bullying), tandis qu’environ 5 % ont déclarer qu’ils avaient été victimes de cyberintimidation. Environ 10 % ont déclarer qu’ils avaient verbalement intimidé autrui et 3 % ont déclarer qu’ils s’étaient livrés à de la cyberintimidation sur autrui. De même, dans l’échantillon norvégien, 11 % ont déclarer qu’ils avaient été verbalement intimidé, 4 % ont déclaré avoir été victime de cyberintimidation, 4 % ont déclarer qu’ils avaient verbalement intimidé autrui et 1 % ont déclarer qu’ils s’étaient livré à de la cyberintimidation sur autrui.

D’autres analyses ont montré que 80 à 90 % des élèves victimes de cyberintimidation (cyberbullying) ont également été exposée aux formes traditionnelles d‘intimidation (bullying) – ce qui signifie qu’ils ont été victimes d’intimidation verbale, physique,et de manière plus indirecte d’intimidation relationnels, comme être l’objet de rumeurs défavorables. De même, la plupart des persécuteurs se sont également livré à de l‘intimidation par des moyens plus traditionnels.

Tous les élèves ont rempli le questionnaire d’intimidation Olweus (Olweus Bullying Questionnaire), qui propose de nombreuses questions sur l’expérience d’un individu face à l’intimidation, à la fois comme victime et agresseur. L’enquête comprend des questions sur l’expérience des étudiants à la cyberintimidation, qui est définie comme ayant lieu par l’intermédiaire d’un téléphone mobile ou Internet.

Ces résultats suggèrent que les nouveaux médias électroniques ont effectivement créé quelques nouvelles victimes et quelques nouveaux intimidateurs. Pour être victimes de cyberintimidation ou être cyberintimidateur d’autres étudiants semble dans une large mesure faire partie d’une tendance générale de l’intimidation où l’utilisation des médias électroniques n’est qu’une forme possible, et, en plus, une forme à faible prévalence.

Cela ne veut pas dire que la cyberintimidation n’est pas un problème dans les écoles et à l’extérieur de l’école. Les enfants victimes de cyberintimidation, comme les cibles d‘intimidation plus traditionnelle, souffrent souvent de dépression, de faible estime de soi, d‘anxiété et même des pensées suicidaires.

Toutefois, il est difficile de savoir dans quelle mesure ces problèmes s’avèrent une conséquence de cyberintimidation. Comme nous l’avons constaté, c’est que la grande majorité des enfants et des jeunes victimes de cyberintimidation sont également victimes d’intimidation par des moyens traditionnels, et il est bien documenté que les victimes d‘intimidation traditionnelle souffrent du mauvais traitement qu’ils reçoivent. Néanmoins, il existe certaines formes de cyberintimidation — comme ayant des photos ou des vidéos publié sur Internet et qui s’avèrent douloureusement embarrassantes — qui ont presque certainement des effets négatifs. Il est donc également important de prendre au sérieux la cyberintimidation à la fois dans la recherche et la prévention.

Olweus recommande que les écoles et les collectivités investissent temps et efforts techniques à divulguer de manière anonyme les cas identifiés de cyberintimidation — puis de communiquer clairement et ouvertement les résultats aux élèves. Cette stratégie peut augmenter sensiblement la perception du risque de divulgation et s’avère susceptible de réduire encore la déjà faible prévalence de la cyberintimidation.

Étant donné que l’intimidation traditionnelle est beaucoup plus répandue que la cyberintimidation, il est naturel de recommander aux écoles de diriger la plupart de leurs efforts pour lutter contre l’intimidation traditionnelle. Il n’est pas question de banaliser ou de minimiser la cyberintimidation, mais il est nécessaire et bénéfique de placer la cyberintimidation dans son contexte approprié et d’avoir une image plus réaliste de sa prévalence et de sa nature.

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source

  1. http://www.psypost.org/2014/07/study-finds-online-bullying-creates-line-fear-school-26147

  2. http://www.palgrave-journals.com/sj/journal/v26/n4/abs/sj201322a.html

  3. Ryan Randa. The influence of the cyber-social environment on fear of victimization: Cyberbullying and school. Security Journal, 2013; 26 (4): 331 DOI: 10.1057/sj.2013.22

  4. Sam Houston State University. (2014, July 1). Online bullying creates off-line fear at school. ScienceDaily. Retrieved July 2, 2014 from http://www.sciencedaily.com/releases/2014/07/140701101453.htm

  5. http://www.sciencedaily.com/releases/2014/05/140521133607.htm

  6. Thomas J. Holt, Michael G. Turner, M. Lyn Exum. The Impact of Self Control and Neighborhood Disorder on Bullying Victimization. Journal of Criminal Justice, 2014; 42 (4): 347 DOI: 10.1016/j.jcrimjus.2014.04.004

  7. Michigan State University. (2014, May 21). Cyberbullying affects rich and poor alike. ScienceDaily. Retrieved July 2, 2014 from http://www.sciencedaily.com/releases/2014/05/140521133607.htm

  8. http://www.sciencedaily.com/releases/2012/08/120806093942.htm

  9. http://www.newswise.com/articles/cyberbullying-less-frequent-than-traditional-bullying-according-to-international-studies

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