De la domination et du contôle!

Le pouvoir arbitraire utilise souvent un ensemble de moyens afin de maintenir sa domination et ainsi assouvir son pseudo-pouvoir. Généralement, c’est une domination qui n’a pas lieu d’être, plue ou moins formelle,  qui sert essentiellement les intérêts du dominant, et souvent fondé sur une violence psychologique et morale, si ce n’est pas directement d’une violence physique. Il n’est pas question d’une domination des élites, d’une domination des classes, mais de la domination d’un groupe sur des individus ou d’autres groupes d’individus. Typiquement, c’est un ensemble de stratégies, de méthodes et de pratiques, visant essentiellement à maintenir une domination au détriment d’autrui. C’est également un style de relation et une pseudo dominance hiérarchique.

Aucun groupe n’a l’exclusivité de ce phénomène, car on la retrouve dans plusieurs types de groupes dans différents contextes sociaux ; non exclusif aux groupes criminelles, aux groupes sectaires, etc. Cette domination est parfois utilisé pour le régulation social des individus ou groupes d’individus; domination to threaten or eliminate specific behavioral freedoms. For example, bullying is a form of relationship domination. Arbitrary power is also a form of relationship domination. Social aversive control is also a form of relationship domination.

Countercontrol can be defined as human operant behavior as a response to social aversive control. The individual that is exposed to aversive control may try to oppose controlling attempts through the process of negative reinforcement, such as by escaping, attacking, or passively resisting. L’effet de domination consiste en une influence irréversible ou partiellement réversible sur des individus ou des groupes d’individus.

La domination fondée sur la violence psychologique et morale se fonde :

  • sur la destruction du lieu de communication;
  • sur la volonté d’établir une relation d’emprise et de sujétion;
  • sur la volonté de réduire ou d’éliminer le libre arbitre et la volonté;
  • sur la volonté de détruire l’autre psychiquement;
  • sur la volonté de décrédibiliser et de déconsidérer;
  • sur la volonté de réduire à l’état d’objet soumis que l’on peut utiliser à volonté.

Ce n’est pas une violence qui prend le corps pour cible mais la psyché et l’identité de la cible. Cette violence déniée par l’auteur s’inscrit dans une relation que l’on qualifiera de perverse, car la relation est « pervertie », ainsi que la communication, ou l’auteur tente d’établir un rapport de domination et de soumission absolue, un contrôle total par l’application systématique d’un ensemble de techniques bien établit, et ce, de manière subtile, insidieuse, perfide, et par la tromperie, l’artifice, la manipulation, la tricherie, le faux-semblant, l’hypocrisie, le leurre, la dissimulation, la déloyauté, l’erreur, etc. Elle vise essentiellement à détruire l’individualité, à réduire à l’état d’objet manipulable à volonté. Ces violences se dissimulent parfois sous une apparence de bienveillance, de bonnes paroles, et les intentions  altruistes. Les auteurs de ces violences diront également qu’il faut avoir une carapace ou diront que la cible est trop sensible!

Cette violence s’inscrit lorsque l’auteur adopte une série d’attitudes et de comportements spécifiques et systématique visant la cible, à la soumettre , à la contrôler et à garder le pouvoir devenu arbitraire.

Le seuil de tolérance de la cible est fonction de son histoire et de sa sensibilité, mais ce seuil peut être modifié par la nature et la persistance de la violence subie. Les réactions défensives de la cible apparaitra parfois aux observateurs externes à la situation comme inapproprié, inopportune et démesuré. Les auteurs de cette violences sont souvent des maîtres à naviguer de l’environnement social et savent très bien se jouer et manipuler les perceptions.

Voici donc une illustration montrant une description des moyens de domination utilisés.

Moyens de domination du pouvoir arbitraire!

Moyens de domination du pouvoir arbitraire!

Malheureusement, pour ceux qui ne lisent que le français, l’illustration est formulée en anglais.

Le terme « Target » réfère à la cible (la personne ou le groupe ciblé).
Le terme « External Observer » réfère aux spectateurs (personnes ou groupes non ciblés).


Du Tribalisme et de la fragmentation du tissu social !

Les êtres humains, peut-être même depuis la nuit des temps, se sont « auto-organisé » autour d’intérêts communs, de croyances, que l’on vénère les dieux et déesses, Dieu, que ce soient les idées politiques, la musique, ou le vin. Ces affiliations sont tribales en nature, alors pourquoi n’en serait-il pas de même pour la technologie (tribalisme technologique; angl. : Tech tribalism)? Si j’ai une affinité avec les caractéristiques de l’objet, si je peux m’y identifier et qu’elle devient une partie de qui je suis, de ce que je pense être, alors une connexion se met en place, affective, proche de l’attachement.

Certaines affiliations tribales s’incrustent plus profondément que les affiliations avec le sport, les idées politiques, etc. Ainsi, il n’est souvent pas suffisant pour les membres d’une entité groupale de simplement soutenir leur propre « tribu », ils doivent se tenir en opposition aux tribus rivales, car elles ne peuvent plus être ignorées.

Les humains occidentaux sont comme des « personna », confrontés à des « masques », et ont moins une identité (caractère permanent et stable d’un individu, d’un groupe) que des identifications (processus par lequel un individu s’assimile à une autre personne). L’acquisition de l’identité était jusqu’à aujourd’hui le sommet de l’éducation, l’apogée de la socialisation. Mais, nous assistons maintenant à un passage de l’identité aux identifications multiples. En fait, maintenant prévalent des « affinités électives » qui ne sont plus le fait de quelques-uns, mais qui sont le fait d’un assez grand nombre et qui nous constitue en tribus au sein de nos institutions. On assiste donc à une fragmentent en entités microscopiques de la société.

Le Tribalisme, comme sentiment d’appartenance à une tribu, c’est à dire à un groupement humain ayant en partage des affiliations, des identifications. Mais le Tribalisme empêche-t-il l’exclusion quand nécessairement on valorise sa propre identité, sa tribu ou son ethnie au détriment de celles des autres? La fragmentation de la société en entité microscopique (tribu) désaffilie les humains, entraîne une fragmentation de l’identité culturelle d’une société. La métaphore de la « tribu » permet de prendre acte de la métamorphose du lien social.

Or, notre société tente de prendre acte de ce que l’on considère comme « l’échec du multiculturalisme ». Ainsi, la mise en pratique du multiculturalisme est inenvisageable dans une société constituée de tribus. L’identité qui forgeait l’individu fait maintenant place à des attributs plus ou moins permanents. L’identité ne relève plus du statut social, mais de diverses affiliations au gré des choix de chacun.

Les réseaux sociaux sont un bel exemple de ce néo-tribalisme (Tribalisme moderne). C’est donc la surmultiplication des identifications qui entraine une fragmentation de la structure sociale. En plus l’inexistence de récit médiatique sur l’opportunité des amitiés solides, des liens sociaux et communautaires. Ce sont ces liens sociaux, faisant partie des mailles du tissu social, d’où émerge la super entité (société) tant désirée du multiculturalisme. Or, ces liens sociaux vont à contresens du tribalisme moderne.

De la résistance à la manipulation et la persuation coercitive

Au regard de la multiplicité des approches de la résistance, Knowles et Linn (2004) soulignent que « la résistance est un concept avec un noyau net et des frontières floues ». Ils identifient quatre éléments pour appréhender la résistance : la réactance, la méfiance, la vigilance et l’inertie qu’ils relient à la sphère affective, cognitive ou motivationnelle de la résistance.

  1. La réactance, qui est « l’état motivationnel d’une personne dont la liberté est supprimée ou menacée de l’être » (Brehm 1966 cité dans Clee et Wicklund 1980) est activée quand l’influence est directement perçue. Elle est associée à la dimension affective et motivationnelle de la résistance;
  2. La méfiance a trait au soupçon engendré par un message destiné à modifier les attitudes initiales. Les réactions sont ici de nature affective et cognitive;
  3. La vigilance survient lorsque les individus sont conscients d’être la cible d’une tentative d’influence. Ils deviennent alors beaucoup plus sensibles à la qualité des arguments. Cette vigilance renvoie principalement à l’aspect cognitif;
  4. Enfin, l’inertie apparaît quand un message persuasif incite au changement et que l’individu résiste à ce changement;

Pour Sherman et coll. (2004) la résistance se définit comme une réponse d’un individu qui tente d’éliminer ou de réduire l’impact d’une communication persuasive. La définition de Poster (1992) qui est la façon dont les individus ou les groupes pratiquent des stratégies d’appropriation en réponse aux structures de domination.

Le signataire rappelle la simplicité, du moins dans son énonciation, de la finalité de toute manipulation et la persuasion coercitive : modifier des attitudes et des comportements. Pour atteindre cet objectif, les messages doivent persuader le récepteur. On utilise alors diverses stratégies.

Notons que la résistance à la persuasion relève de l’investigation des caractéristiques d’un stimulus et des représentations préalables du récepteur, celle-ci étant plus ou moins stable.

Parmi les premiers travaux reliés à la résistance à la persuasion, stricto sensu, on trouve McGuire (1964 dans Eagly et Chaiken 1993) et sa théorie de l’inoculation. Le principe repose sur l’analogie biologique de la vaccination. Un message négatif de faible impact à l’encontre d’une opinion immunise l’individu contre des actions de persuasion plus intense et développe sa résistance.

Deux grandes catégories sont source de résistance à la persuasion. La première dite motivationnelle recouvre les menaces contre son image de soi, la menace de perte de sa liberté ou la remise en cause de ses attitudes. La seconde dite cognitive repose sur le lien entre ses attitudes et ses autres cognitions. Toute tentative de persuasion qui est décodée comme pouvant déstabiliser l’équilibre du système entraîne une résistance (Eagly et Chaiken 1993).

Les travaux de Albarracin et Mitchell (2002 cité par Briñol et coll., 2004) mesurent la « confiance défensive » des individus. Le principe est que les personnes confiantes dans leurs capacités d’argumentation (forte confiance défensive) ne cherchent pas à éviter les communications perturbantes à l’inverse des individus peu confiants dans leurs aptitudes (faible confiance défensive). Toutefois l’effet contextuel peut atténuer momentanément une forte capacité à résister ; une pression sociale jugée comme valorisante (recherche de consensus dans une assemblée, image dans un groupe) peut conduire à être plus perméable aux tentatives de persuasion.