La persuasion coercitive et le modification du comportement, des attitudes et des émotions

La manipulation mentale est l’ensemble des manœuvres visant à modifier les processus décisionnels d’un individu ou d’un groupe social, et ce par l’utilisation de techniques individuelles ou groupales, physiques ou psychiques (psychologiques) afin de le (ou les) placer sous contrôle partiel ou total de l’auteur de la manipulation. Face à cette définition se pose le problème du degré de manipulation — socialement acceptable ou moralement et éthiquement condamnable.

Les techniques de manipulation mentale ont grandement évolué et se sont grandement raffinés au cours des dernières décennies et ont atteint une sophistication sans précédent. Elle se présente sur un continuum de stratégies. Les progrès en psychologie en neuropsychologie ont permis de mettre en oeuvre avec un certain raffinement des stratégies de persuasion et de manipulations, qui se distinguent du folklore (manifestation pittoresque, mais superficielle et sans signification profonde) véhiculer et souvent grossier; tel que celle ou l’on retrouve des gens alliter, attacher, subissant des chocs électriques et recevants des injections. Il est maintenant possible d’utiliser un ensemble de stratégies, très subtiles, très propres, qui s’insèrent dans la vie de tous les jours.

La coercition est définie comme étant le fait de « retenir ou de contraindre par la force ». Légalement cela implique souvent l’utilisation de la force physique ou de menaces physiques ou légales. Les concepts techniques de la « persuasion coercitive », lesquels sont efficacement contraignants, affaiblissants ou restreignants par l’application graduelle des forces psychologiques.

La persuasion coercitive est une technique d’influence sociale capable de produire des changements substantiels de comportements et d’attitudes qui sont appliquée pour provoquer « l’apprentissage » et « la normalisation sociale » au moyen de tactiques coercitives, de persuasion et/ou d’influence manipulative groupale et/ou interpersonnelle. Elle se distingue par les conditions sous lesquelles elle est pratiquée et par les techniques de manipulation environnementales et interpersonnelles employées pour supprimer des comportements ou des croyances particuliers et/ou en entraîner d’autres. La persuasion coercitive ou « réforme de la pensée » peut être définie comme un système coordonné d’influence coercitive et de contrôle du comportement conçu pour manipuler et tromper un individu dans l’intérêt de l’auteur.

On définira donc la réforme de la pensée (angl. : mind control) comme un changement de croyance dans l’adaptation aux situations (perte du locus de contrôle). Les éléments qui permettent la distinction à d’autres schémas de socialisation sont la manipulation mentale, l’attaque psychologique et interpersonnelle pour troubler la notion d’identité personnelle et du Soi (identité sociale), l’utilisation d’un groupe de paires organisé et la pression interpersonnelle, laquelle rehausse la valeur de la conformité; la manipulation et la maîtrise de la totalité de l’environnement du sujet visent à stabiliser les modifications du comportement. Cette maîtrise s’effectue par personnes ou entités groupales interposées sur les lieux fréquentés par la cible.

La persuasion coercitive (réforme de la pensée — angl. : mind control) relève de tentatives à forcer une personne ciblée à changer de croyances, d’idées, d’attitudes ou de comportements, et ce, en utilisant des pressions psychologiques, d’abus d’influence, d’abus d’autorité et de pouvoir, de menaces, de l’anxiété, de l’intimidation et/ou de stress. La persuasion coercitive peut être vue dans de nombreuses organisations et entité groupales — certaines écoles publiques et les universités, les organisations de vente agressive, etc.

La persuasion coercitive relève de tentatives à surmonter l’esprit critique et la décision éclairée. L’esprit critique, les défenses émotionnelles, la pensée cognitive, les valeurs, les idées, les relations, les attitudes et les comportements sont compromis par la communication hypnotique, des stratégies de menaces et l’intimidation déguisée. Comme suite à l’imposition de stratégies coercitives déguisée, une personne devient incapable de prendre des décisions rationnelles, éclairées, et/ou ne peut pas critiquer ou percevoir la valeur, les idées ou les dogmes qui lui sont soumis et imposés.

Le contrôle social de la persuasion coercitive se caractérise par le contrôle de la communication, la manipulation émotionnelle et comportementale; la conformité au comportement dérivé ou déviant; les sollicitations d’aveux; la manipulation du langage par les clichés; enfin, la réinterprétation de l’émotion et de l’expérience humaine (redéfinition du vécu de la personne) et le sentiment d’infériorité qu’éprouvent ceux soumis à cette technique.  Pour appartenir au groupe, la cible doit calquer son comportement sur celui des autres. Cette imitation efface son individualité et son identité personnelle. En remplaçant les indécisions nées du libre arbitre par des conduites automatiques, l’imitation exacerbe le conformisme et la soumission. Illustrée par les expériences de Milgram, il s’agit d’obéir sans réserve à une autorité reconnue ou proclamée; en l’occurrence le groupe.

La stratégie essentielle utilisée par de tels techniques est de sélectionner systématiquement une séquence et de coordonner en continu les nombreuses tactiques de persuasion coercitive sur des périodes étendues dans le temps. Les stratégies de réforme de la pensée sont sophistiquées et subtiles, créant un attachement psychologique ou une relation de dépendance qui est bien plus puissant que les méthodes d’influence n’utilisant que la menace. La déstabilisation psychologique réussie produit un déplacement négatif dans les évaluations globales de soi (perte de l’estime de soi) et augmente l’incertitude sur les valeurs et positions individuelles (perte des repères). La violence psychologique et morale déstabilise l’individu en plus de le fragiliser, affaiblissant l’esprit critique, les défenses psychologiques, pour ainsi le rendre disponible à la suggestion, à la manipulation, et à la persuasion, ainsi qu’établir une relation dominante/dominée.

Elle réduit substantiellement de cette façon la résistance aux demandes d’objectivité tout en accroissant la suggestibilité (se dit d’un Sujet qu’il est facile d’influencer par suggestion). La persuasion coercitive est appliquée en phases séquentielles de Solve et Coagula (angl. : dissolve and coagulate; fr. : dissoudre et coaguler). Dans un modèle en trois phases, la période de déstabilisation sera suivie d’une phase de « changement » menant à une étape de consolidation de la « réforme » et du renforcement de la pensée.

Les procédures d’influence peuvent être utilisées durant les interrogatoires (du médecin ou du psychiatre par exemple et ême de la police) peuvent manipuler les croyances de personnes sur leur propre « innocence » (par culpabilisation ou l’exacerbation d’une culpabilité latente) et, de cette façon, les amener à avouer un « crime » (coupable de déviance) qu’elles n’ont pas commis. Les aveux résultant de l’application réussie de phases du modèle séquentiel de réforme de la pensée sont classés comme de « faux aveux » contraints et intériorisés. L’utilisation de certaines procédures d’interrogatoires crée une vulnérabilité psychologique (pouvant être exacerbé par une culpabilité latente) minimum chez le « suspect », ce qui suffit à en obtenir une confession de ce « suspect », confession à laquelle ce « suspect » croit lui-même.

La communication trompeuse se présente sous différentes formes et sert différents objectifs. La dissimulation, l’exagération (l’amplification), l’équivoque (situation, expression qui n’est pas claire, qui peut être interprétée de différentes façons), demi-mensonges, les faux-semblants (simulacre, apparence mensongère), la prétention (ou l’ironie), la caricature (représentation grossière, infidèle d’une réalité), ces artifices rhétoriques (sophisme; art du discours; ensemble des procédés et des techniques permettant de s’exprimer avec éloquence, de convaincre, de persuader) peuvent tous être considéré comme des types de communication trompeuse au sein d’une communication que l’on pourrait qualifier de trompeuse.

Les mécanismes de simulation pourraient être impliqués dans un large nombre d’autres procédés mentaux comme le raisonnement contradictoire ou le phénomène d’attribution (catégorisation, l’étiquetage [angl. : labeling]). Alors qu’une communication intentionnellement trompeuse tente délibérément de dissimuler, la tromperie involontaire se manifeste en fonction d’un certain nombre de facteurs basés sur l’équivoque et l’absence de contexte provoquant la confusion et les malentendus.

Avec la persuasion coercitive, vous pouvez changer les attitudes des personnes sans que ceux-ci en aient connaissance et à l’insu de leur volonté. Vous pouvez créer de nouvelles « attitudes » là où ils feront des choses volontairement, choses que préalablement ils détestaient. Les développements dans les technologies de production de stress émotionnel et d’anxiété extrême, développements se trouvant maintenant au cœur même de la persuasion coercitive, surpassent les vieux modes de coercition de nature physique. La persuasion coercitive change autant l’attitude et le comportement. La persuasion coercitive ou réforme de la pensée, est mieux comprise comme un système coordonné d’influence coercitive graduelle et de contrôle du comportement conçu pour manipuler et influencer trompeusement et subrepticement les individus, habituellement au sein d’un groupe.

L’utilisation intensive d’attaques interpersonnelles et psychologiques pour déstabiliser le Soi du sujet afin de favoriser l’obéissance est fondée sur :

  1. l’usage de groupe de pairs;
  2. l’application de pression interpersonnelle afin de favoriser la normalisation et la conformité;
  3. la manipulation totale de l’environnement sociale (par personnes et/ou lieux interposés — une autre personne servant d’intermédiaire ou un lieu servant d’intermédiaire) de l’individu pour stabiliser les comportements et les attitudes une foi modifiée.

Le discours de persuasion coercitive s’appuie sur une donnée fondamentale : la mystification (tromper quelqu’un en déformant la réalité afin de la rendre plus attrayante; tromper quelqu’un en se moquant de lui, berner). Il s’agit d’un discours falsifié dont le but n’est pas la communication, mais se présente sous une forme d’une communication perverse, à sens unique, quasi d’endoctrinent. La stratégie de mystification consiste à passer progressivement du réel à l’illusoire, sans déclencher de phénomène de rejet. La mystification du discours s’appuie sur plusieurs éléments :

  1. la crédibilité : l’orateur ou l’auteur occupe une position d’autorité, réelle ou fictive. Illustrée par les expériences de Milgram, il s’agit d’obéir sans réserve à une autorité reconnue ou proclamée. Rappelons que séduire, c’est avant tout plaire, mais c’est aussi détourner de la vérité;
  2. la fabulation (Récit imaginaire présenté comme vrai) : le discours persuasif doit travestir le réel, le mythifier;
  3. la simulation (donner comme réel quelque chose qui ne l’est pas) : l’orateur ou l’auteur joue, il crée un personnage séduisant;
  4. la dissimulation (éviter adroitement de laisser paraître (sa pensée, ses sentiments, ses intentions), ou chercher à en donner une idée fausse) : l’orateur ou l’auteur masque ses propres interrogations, il cache ses doutes;
  5. la séduction (plaire irrésistiblement; attirer quelqu’un de façon irrésistible, captiver, en parlant de quelque chose) : l’orateur ou l’auteur ne peut raconter sa fable si elle ne s’accompagne pas du désir de l’auditeur de l’entendre jusqu’à son dénouement;
  6. le mépris (Sentiment causé par le fait de considérer qu’une personne n’a pas de valeur et qu’on ne doit pas y faire attention; ne pas faire ce qu’on devrait normalement faire devant une situation donnée, de façon volontaire) : le persuadeur ne fait pas que travestir la réalité à travers son discours, il truque aussi la relation, instituant ainsi à l’aide d’une communication perverse une dynamique relationnelle perverse;
  7. la persuasion : le processus comporte plusieurs étapes : attention, compréhension, mise en forme, intégration du message, acceptation du message, changement de pensée ou d’attitude. L’ensemble est connu sous le sigle anglo-saxon ELM (Elaboration Likelihood Model);
  8. le jeu du persuadeur : le persuadeur revêt un double statut. Il est l’orateur sophiste qui convainc par un discours équivoque et ambigu tenant lieu de réponse et de démonstration. Il est aussi le mystificateur qui propose le rêve et l’utopie comme décor et costume dans le théâtre d’une illusion collective.

Les Techniques de persuasion coercitive :

1) Les techniques comportementales : Elles consistent à modifier les relations de l’individu avec son milieu et visent à contrôler les échanges de l’adepte avec le système relationnel antérieur. Elles visent donc à modifier les relations de la personne avec son environnement et à contrôler ses échanges : l’isoler, contrôler son information, la fragiliser et la mettre sous dépendance;

2) Les techniques de type émotionnel : Ces techniques utilisent l’élicitation émotionnelle, technique visant essentiellement à provoquer des sentiments et des émotions chez le sujet;

2.1) provoquer chez elle la peur et l’anxiété, par exemple en lui infligeant des châtiments de façon arbitraire et en usant de façon aléatoire de la clémence et de la sévérité;

2.2) la menacer, car la promesse d’un châtiment, qu’il soit physique ou psychologique, est tout aussi efficace que le châtiment lui-même;

2.3) la culpabiliser;

3) Les techniques de type cognitif : La stratégie consiste à saturer ses canaux d’information avec de fausses données. En même temps, elle va s’efforcer de dénigrer toute attitude critique. Ces techniques visent à mettre la personne dans la confusion par des distorsions du langage et de la communication. Par les procédés de communication perverse, on peut engendrer le doute, la confusion, ébranler les références intérieures et la bonne image de soi de l’autre et l’empêcher de comprendre ce qui lui arrive. Il suffit de multiplier les messages contradictoires ou paradoxaux, de mentir, de refuser la communication directe, et de déformer le langage;

4) Les techniques d’induction d’états dîssociatifs : Elles créent ou récupèrent des états pathologiques (hallucinatoires ou délires). Il se produit chez la victime un épuisement physiologique, un renoncement à comprendre, un effondrement de la capacité critique et un fonctionnement automatique. Le DSM 4 (1996) précise qu’une dissociation peut résulter de manœuvres prolongées de persuasion coercitive. Le DSM-IV : l’amnésie dissociative, la fugue dissociative, le trouble dissociatif de l’identité, le trouble de dépersonnalisation et enfin, le trouble dissociatif non spécifié. L’emprise peut amener des modifications de la conscience, une sorte d’état hypnotique imposé. L’influence que l’auteur exerce sur sa cible diminue sa capacité critique et place celle-ci dans une sorte de transe qui modifie ses perceptions, ses sensations et sa conscience. Cela amène chez elle une vulnérabilité à la suggestion et parfois des états de dissociation.La dissociation est un processus inconscient par lequel certaines pensées sont séparées du reste de la personnalité et fonctionnent indépendamment. La victime devient observatrice extérieure de l’agression qu’elle subit, c’est un moyen de survie pour ne pas perdre la raison, une stratégie lorsqu’on a le sentiment qu’il n’y a aucune issue possible. Les processus dissociatifs peuvent amener la personne à « oublier de se souvenir » des événements personnels stressants ou bien même de son passé tout entier. Dans certains cas, c’est le contraire, les personnes sont envahies par les souvenirs répétitifs de l’agression, y pensent à tout moment, en rêvent la nuit et tous les efforts pour penser à autre chose sont vains. Ces états peuvent également induire un état de dépersonnalisation avec une anesthésie sensitive et un manque de réaction affective ou bien encore un sentiment de perte de contrôle de ses actes. Khilstrom décrit des études portant sur divers aspects cognitifs dans les troubles dissociatifs tels que la mémoire autobiographique, la mémoire épisodique et la mémoire implicite. Il se penche aussi sur la dissociation subclinique, qui se caractérise par des manifestions dissociatives insuffisamment marquées que pour être cliniquement significatives, ainsi que sur les implications médico-légales.

On sait que quand un individu apprend par expérience qu’il est incapable d’agir sur son environnement pour le transformer en sa faveur (locus de contrôle), lorsqu’il devient physiologiquement incapable d’apprendre; on parlera alors de l‘impuissance apprise. Ce phénomène avait été mis en évidence par Henri Laborit puis étudié par le neurobiologiste Pierre Karli. Ces travaux ont été repris en 1975 par Seligman, qui a décrit le concept de « learned helplessness ».

On peut également parler de conditionnement aversif, ou conditionnement par l’aversion. La personne est soumise à un ensemble de situations artificieuses dans un environnement social plus ou moins contrôler dont l’objectif est d’introduire des conduites d’évitement par l’aversion chez le sujet. En psychologie clinique, le conditionnement recouvre « l’ensemble des opérations associatives par lesquelles on arrive à provoquer un nouveau comportement chez l’homme ». L’impuissance apprise se produit lorsque les agressions sont imprévisibles et incontrôlables et qu’il n’y a aucun moyen d’agir pour changer la situation. L’anticipation devient impossible.

Le premier symptôme de l’aliénation est la perte par l’individu de sa propre parole et constitue l’essentiel du processus de développement personnel ou de celui de la fonction narcissique de l’individu. L’aliénation est envisagée comme le produit d’une rupture de la communication avec soi-même, rupture par laquelle la parole ne peut plus s’alimenter à l’inconscient.

Le conditionnement envahit tous les champs de l’activité. Il s’applique selon trois modes complémentaires :

  1. conditionnement culturel;
  2. conditionnement affectif;
  3. conditionnement physique.

Pour que le conditionnement soit opérant, il est nécessaire d’utiliser un faisceau de techniques convergentes — physiques et psychiques.  La persuasion coercitive ou réforme de la pensée (angl. : mind control) ou lavage de cerveau (angl.: brainwashing) est un processus d’endoctrinement forcé, qui a pour but de réformer la pensée et de produire chez le sujet le comportement et l’attitude désirée. Ces procédés ont atteint un niveau de sophistication très développé et très élaboré et sont fondé sur les avancés théoriques récents de la psychologie, de la psychiatrie et de la neuropsychologie, et sont maintenant utilisé dans le domaine civil. Ces procédés sont à distingués des méthodes grossières, rudimentaires, embryonnaires, ou les procédés étaient à l’état larvaire ou les recherches ne faisait que débuter. Pour comprendre cela, il faut, au préalable, avoir certaines connaissances sur le psychisme des êtres et le fonctionnement de la conscience, les transformations qui sont possibles et les techniques utilisées pour y arriver. Ce qui a l’air d’un tour de magie n’est que l’application dévoyée des méthodes pratiquées.

Également, dans ce contexte, la dépendance est une conséquence de l’emprise et de la manipulation. Sur le plan physiologique, c’est un processus par lequel un comportement pouvant produire à la fois du plaisir et écarter ou atténuer une sensation de malaise interne, est répété sans aucun contrôle, bien que l’on sache qu’il est nocif, c’est proche de la dépendance à une substance psychoactive.

Il est étonnant de constater avec quelle relative facilité des gens intelligents, autonomes, expérimentés, qui ont parfois de lourdes responsabilités familiales ou professionnelles, seront subitement transformés en des êtres dépendants d’un nouveau système de valeurs et de croyances qui modèle tout leur mode de vie. Devenus des êtres différents, sans même qu’ils le reconnaissent eux-mêmes, ils étonnent leurs proches et s’en éloignent, un peu comme si une barrière était tombée entre eux ou qu’ils appartenaient à un autre monde.

Les programmes de persuasion coercitive sont efficaces parce que les individus expérimentant les stress sévères délibérément planifiés que ces programmes génèrent. La relation entre la personne et les tactiques de persuasion coercitive est dynamique et interactionnelle en ce que la force des pressions, récompenses et punitions, sont considérables, et ils ne conduisent pas à une réorganisation stable, librement et significativement choisie des croyances et d’attitudes. Ils conduisent plutôt à une sorte de soumission contrainte et d’une rationalisation élaborée requise à la situation pour la nouvelle conduite.

La persuasion coercitive ou réforme de la pensée comme elle est parfois appelée, est mieux comprise comme un système coordonné d’influence coercitive graduelle et de contrôle du comportement conçu pour manipuler et influencer trompeusement et subrepticement les individus, habituellement au sein d’un groupe.

En plus de l’utilisation du discours et des techniques de la persuasion coercitive, les conditions de types hypnotiques peuvent être établies dans différents contextes à l’aide de l’autorité ou de groupe de pairs et en manipulant l’environnement social du sujet :

  • La confiance : une personne sera plus ouverte aux suggestions si elle fait confiance à la personne qui fait ces suggestions. Cette confiance s’est développée tranquillement tout au long des travaux d’approche, puis pendant l’insertion dans le groupe.
  • Les attentes : les nombreuses promesses sont une façon de créer des attentes. Or, il est reconnu qu’une prédiction (une attente) a tendance à se réaliser du simple fait d’y croire. « L’utilisation judicieuse des attentes est, à elle seule, suffisante pour induite l’hypnose, car les croyances du sujet déterminent ce qui va se passer. »
  • Les attitudes : Il faut une grande force de caractère pour résister à la pression d’un groupe de pairs de convaincus. Se différencier au milieu d’un groupe « d’amis », de collègues ou d’un groupe d’intérêts n’est pas facile, surtout lorsqu’ils ont piégé notre confiance. On utilise pour ce faire la pression verbale, mais aussi très souvent une forme d’intimidation physique déguisée (serrer la personne de près, faire des gestes agressifs, la cerner).
  • Les motivations : les motivations, qu’elles soient dues à la curiosité ou au désir d’expérimenter les promesses faites auparavant, sont un facteur important. Bien préparée psychologiquement par le groupe, c’est le stade où la personne désire « aller plus loin ».

Le moyen et tactiques de la mise en situation des conditions de la manipulation mentale est simple et s’appuie sur le principe de la confusion rendant l’individu plus manipulable :

  • L’individu est préparé pour la reforme de la pensée par une augmentation de la suggestibilité et/ou par un «adoucissement», spécifiquement à l’aide de techniques hypnotiques ou augmentant la suggestibilité tels que : (a) des exercices répétitifs tactiles ou verbaux, ou comportant des éléments visuels ou audio; (b) des activités de routine comportant une répétition exacte excessive; (c) une diminution du sommeil; (d) des restrictions nutritionnelles.
  • Par l’utilisation des récompenses et des punitions, des efforts sont faits pour établir un contrôle sur l’environnement social de la personne, sur son temps et les sources de son support social. L’isolement social est promu. Les contacts avec la famille et les amis sont abrégés, car ce sont des contacts avec des personnes qui ne partagent pas les attitudes du groupe. La dépendance économique et autres sont entretenues. (Avec le précurseur de la persuasion coercitive, cela était plutôt facilement accompli par un simple emprisonnement.)
  • La communication est grandement contrôlée.
  • L’absence de repères connus. Une personne est plus facilement influençable dans un nouveau lieu, éloigné de chez elle et de ses proches.
  • L’information non corroborante et les opinions ne supportant sont interdites ou sévèrement réprimés au sein la communication du groupe du groupe de pairs. Des règles existent à propos des sujets permis pouvant être discutés
  • Des tentatives intenses et fréquentes sont faites pour faire en sorte que la personne réévalue les aspects les plus importants de son expérience de soi et antérieure et ce menées de manières négativent. Les efforts sont conçus pour déstabiliser et ébranler à la base la conscience du sujet, sa conscience de la réalité, sa vision du monde, son contrôle émotionnel et ses mécanismes de défense aussi bien que de l’amener à réinterpréter l’histoire de sa vie et d’adopter une nouvelle version de causalité.
  • Des tentatives intenses et fréquentes sont faites pour ébranler la personne dans sa confiance en elle-même et dans son jugement, créant ainsi un sentiment d’impuissance.
  • Des punitions non physiques sont utilisées tels que par exemple, une intense humiliation, des pertes de privilèges, de l’isolement social, des changements au sujet du statut social, une intense culpabilité, de l’anxiété, de la manipulation et d’autres techniques pour créer des soulèvements d’aversion fortement émotionnelle, etc.
  • Certaines menaces [forces] psychologiques séculières sont utilisées ou sont présentes : L’échec de réussir à adopter l’attitude approuvée, la croyance ou le comportement résultant conduira à de sévères punitions ou à de dures conséquences (par exemple, maladies mentales et physiques, réapparitions d’anciennes maladies physiques, dépendance aux drogues, échecs économiques, échecs sociaux, divorces, désintégrations, échecs à se trouver un(e) conjoint(e), etc.).
  • La perturbation du métabolisme par diverses stratégies;
  • La fatigue;

Rappelons que les principes du conditionnement classique sont à la base de la formation et du changement des attitudes. En plus de déclencher des réponses émotives, les attitudes ont une fonction renforçante et directive. Les attitudes ont une place centrale dans l’analyse de l’interaction sociale où la personne est un stimulus social pour les autres, un stimulus qui déclenche des réponses émotives positives ou négatives, qui a une fonction renforçante et une fonction directive pour les comportements d’approche ou d’évitement. De plus, les attitudes de la personne par rapport à elle-même, son concept de soi, déterminent, en partie, son comportement et le comportement des autres par rapport à elle-même. Tels sont les principes qui peuvent orienter le choix d’intervention visant l’apprentissage des attitudes.

Pour en savoir plus, télécharger le document de format PDF : Les techniques coercitives.

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